À quand une réelle cohérence dans l’aide financière municipale aux événements?

À quand une réelle cohérence dans l’aide financière municipale aux événements?

COMMUNIQUÉ – 4 avril 2018

– On titrait ce matin dans La Tribune, « Après un premier refus de la Ville [de Sherbrooke], la Fête du lac reçoit 75 000$ ». Du point de vue de la Société nationale de l’Estrie (SNE), qui conduit les festivités de la Fête nationale au parc Jacques-Cartier, cette annonce est une bonne nouvelle pour la culture et nous nous réjouissons évidemment de la nouvelle pour nos collègues de l’organisation de la Fête du lac. Toutefois, nous nous devions de réagir aujourd’hui, à ce qui témoigne d’une incohérence manifeste des décisions de l’appareil municipal. En fait, nous en sommes même à nous demander, face à une pareille improvisation, comment faut-il s’y prendre pour obtenir de l’argent de la part de la Ville de Sherbrooke?

Face à un grave sous-financement municipal de la Fête nationale du Québec, la SNE a déposé à quatre reprises des demandes à la Ville de Sherbrooke pour que soit revu le financement de la Fête nationale à Sherbrooke. Ainsi, depuis 2015, nous nous sommes adressés tant aux fonctionnaires de la Division des événements qu’aux élus. Nous avions reçu à ce moment notamment l’appui des conseillers et conseillère Chantal L’Espérance, Vincent Boutin et Rémi Demers. Ces tentatives n’ayant pas porté fruit, nous avons récidivé en interpelant les candidats en campagne électorale. Suite à l’élection, nous avons redéposé notre dossier pour étude au moment du budget, le maire prenant la décision que l’on sait, de réduire les dépenses, afin d’honorer sa promesse de gel de taxes. Mais ce faisant, le maire renonçait à l’ouverture dont il avait fait preuve face à nos demandes lorsqu’il était candidat.

Notre demande consiste en une augmentation du financement de la Fête nationale au parc Jacques-Cartier de 15 000$. La Ville de Sherbrooke investit en ce moment autour de 30 000$ pour la Fête nationale à Sherbrooke : la fête au parc Chauveau bénéficie de 1900$, la fête au parc Nault (Brompton) de 12 150$ et la fête au parc Jacques-Cartier de 16 265$. Bien entendu, cet argent nous permettrait, au même titre que la Fête du lac, de « présenter des spectacles d’une plus grande qualité ». Mais surtout, elle permettrait de consolider la tenue de la Fête à Sherbrooke, qui n’est jamais garantie à cause du manque de soutien de la Ville.

Comme Annie Godbout, nous souhaitons obtenir « un cadre de référence pour le financement des événements ». Malgré cela, nous nous demandons si cela influencerait véritablement les décisions. Nous avons à plusieurs reprises démontré selon des données de 2016, que la Ville de Sherbrooke investissait 0,18$ par habitant pour la Fête nationale, alors que la ville médiane au Québec investit 0,81$ par habitant. Cela donne des écarts, comme Drummondville qui injecte 36 000$ pour 68 000 habitants et Granby, 70 000$ pour 63 000 habitants. Même en Estrie, Compton met 20 000$ pour 3000 habitants et Eastman 12 000$ pour 1800 habitants. Malheureusement, la seule réponse obtenue jusqu’ici était à l’effet que la Ville de Sherbrooke n’avait pas à payer pour une fête qui relève du gouvernement du Québec. Mais la réalité, c’est que toutes les villes investissent substantiellement à titre de partenaires dans la Fête nationale, au grand bénéfice de leur population.

La conseillère Annie Godbout, en lien à l’aide financière de la Fête du lac, dit que si la « Ville de Sherbrooke diminue son engagement, les autres partenaires feront de même ». Or, cette logique est vraie pour tous les événements et cela est vrai aussi au niveau de l’achalandage. Si on investit plus d’argent, on aura d’autres partenaires qui emboiteront le pas, une meilleure programmation, plus de publicité et plus d’achalandage. Mais ces arguments ne sont-ils pas valides que pour la seule Fête du lac? Une autre justification : « La Fête du lac des Nations en sera à sa 37e édition ». Et puis? On fête la Saint-Jean-Baptiste au Québec seulement depuis 1834… Une autre justification : « La Fête du lac attire 120 000 personnes sur 6 jours ». Par beau temps, la Fête nationale en attire 15 000 à 20 000 sur une seule journée. Deux poids, deux mesures?

Enfin, on dit que « la Fête du lac est la fête des Sherbrookois ». Est-ce que la Fête nationale à Sherbrooke n’est pas aussi la Fête des Sherbrookois? Et le Festival des traditions du monde? Et le Rendez-vous d’Howard? À qui s’adressent toutes ces fêtes, qui ne sont pas moins importantes les unes que les autres, soit dit en passant? Après, on peut se poser la question de l’accessibilité, puisque cela coûte 40$ pour un adulte et 25$ pour un adolescent en prévente, pour avoir accès à la « Fête des Sherbrookois », tandis que la Fête nationale est l’une des dernières fêtes gratuites sur le territoire.

La Ville de Sherbrooke a retrouvé 900 000$, dont 75 000$ a été octroyé à la Fête du lac de Sherbrooke. La SNE pense qu’il est maintenant temps d’investir aussi dans la Fête nationale du Québec à Sherbrooke par une aide récurrente de 15 000$. S’il y avait une « bonne  façon » de demander une réévaluation du financement de la Fête nationale, nous pensons l’avoir fait. Maintenant, nous demandons au maire de Sherbrooke et au conseil municipal d’allouer le financement juste, équitable et nécessaire pour une Fête nationale digne de ce nom au parc Jacques-Cartier.

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