Loi sur la langue officielle du Québec, le français : une véritable approche globale, une première en plus de 40 ans

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Loi sur la langue officielle du Québec, le français : une véritable approche globale, une première en plus de 40 ans

COMMUNIQUÉ – 13 mai 2021

Le 30 mars dernier, la Société nationale de l’Estrie (SNE) publiait un communiqué de presse intitulé « Le français a besoin d’un « plan Marshall » pour assurer son avenir », en réaction à la publication d’autres études de l’Office québécois de la langue française (OQLF) portant sur le recul systémique du français dans plusieurs sphères de notre vie en société. Bien que l’organisme n’a bien sûr pas eu le temps nécessaire pour étudier en profondeur le projet de loi déposé aujourd’hui par Québec, l’impression première s’avère très favorable. En effet, pour la première fois en plus de 40 ans, avec son projet de loi intitulé Loi sur la langue officielle du Québec, le français, Québec ne se contente pas de simplement boucher des trous (lois sur l’affichage, loi  sur les écoles-passerelles), mais dépose un véritable plan de match, bien sûr imparfait, mais qui déploie une approche globale, essentielle au rayonnement à long terme de notre langue officielle.

Plan Marshall

Sur la question des langues, rarement dans notre histoire avons-nous constaté une telle unanimité, notamment au sein des partis politiques québécois et fédéraux, à l’effet qu’il est temps de se rendre à l’évidence: la langue française, ultra-minoritaire sur le continent américain, ne cesse reculer partout au Québec et au Canada malgré les divers cadres législatifs actuellement en place. Et qu’afin de redresser la barre, les États canadien et québécois doivent redoubler d’ardeur et adopter des mesures de protection et de rayonnement robustes pour le français. Bien entendu, tous les partis politiques ne s’entendent pas sur le degré d’intensité des mesures qui doivent être mises en place afin de remédier à la situation. Cependant, tous et toutes disent s’entendre sur un objectif fondamental: il importe que le français redevienne ou se maintienne à titre de langue du vivre-ensemble au Québec, et qu’il puisse prospérer dans le ROC. « En déposant une loi qui touche à tous les volets de notre vie en société, que ce soit en matière de gouvernance, d’affichage commercial, de la langue de l’éducation, du travail et de la justice, de la « constitution québécoise » ou de l’exemplarité de l’État, le gouvernement du Québec établit non seulement une première en plus de 40 ans, mais surtout un véritable socle sur lequel la société québécoise pourra s’appuyer pour redonner au français ses lettres de noblesse » de lancer le président de la SNE, M. Etienne-Alexis Boucher.

De l’utilité d’une langue

L’approche retenue par le gouvernement québécois, dite territoriale, est, aux yeux de la SNE, la seule approche qui peut assurer à la langue française un autre avenir que celui de la seule survie. En effet, pour qu’une langue soit parlée, elle doit d’abord et avant tout être utile. Or, la bilinguisation systémique de nos institutions, dont l’État du Québec, a eu d’importants effets négatifs, notamment de rendre superflu l’apprentissage du français. De même, le recul du français comme langue du travail place la langue de Molière, encore une fois des plus minoritaires dans les Amériques, dans une position inconfortable, alors que son apprentissage n’est plus garant d’intégration professionnelle. À terme, une telle situation ne peut que résulter en une folklorisation de cette culture unique dans le monde et soutenue par la langue française en Amérique du nord.   

Pour conclure, les responsables de la SNE restent circonspects concernant certaines mesures, alors que le diable se cache dans les détails, mais jugent que le projet de loi déposé ce matin est un immense pas dans la bonne direction.

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