Décès de Germaine Guèvremont – 1968

Germaine Guèvremont , née Grignon, naquit à Saint-Jérôme le 16 avril 1893, et c’est en 1916 qu’elle prend le nom de son mari, Hyacinthe Guèvremont, un fonctionnaire travaillant à Ottawa. Le couple s’installe donc à Ottawa, et quatre ans plus tard, déménage à Sorel où Germaine entreprend une carrière de journaliste en rédigeant des chroniques tant au journal The Gazette de Montréal, qu’à celui du Courrier de Sorel. 

 

Attirée par l’écriture

Soulignons que la famille Grignon comptait parmi ses membres, un certain  Claude-Henri Grignon, cousin de Germaine. En 1933, il rédigea son fameux roman, « Un homme et son péché » qui remporta un immense succès auprès du public.  La station radiophonique, Radio-Canada lui offrit en 1938 d’en faire un feuilleton quotidien : c’est alors que l’auteur sollicita l’aide de sa cousine Germaine Guèvremont dans la scénarisation de la première saison qui débuta en 1939. 

 

Le « Survenant »

Suite à cette aventure littéraire avec son cousin, son goût pour la littérature se développa et c’est comme romancière qu’elle se fit connaître du grand public avec la publication en 1945 du « Survenant » suivi de « Marie-Didace » en 1947 qui lui valent des reconnaissances tant au Québec qu’en France et même aux États-Unis et en Angleterre :  notons que ses deux œuvres ont été traduites en anglais et publiées à Toronto, New-York et même à Londres en 1950. À quelques années d’intervalle, le « Séraphin » de Claude-Henri Grigon et le « Survenant » de Germaine Guèvremont les propulsèrent parmi les auteurs les plus lus du Québec.  Quelle famille!

 

Du roman au téléroman

Ces reconnaissances publiques pour ses deux romans surviennent en même temps que la maladie de son mari qui dut quitter son emploi, plongeant le couple dans des difficultés financières, et c’est ce qui poussa Germaine Guèvremont à scénariser le « Survenant » d’abord pour la radio puis pour la télévision d’État.  Le téléroman tiré du « Survenant » fit la une des ondes télévisuelles de Radio-Canada de 1954 à 1960.  Le téléroman devint vite le plus regardé du petit écran. 

 

Des honneurs bien mérités

Puis se succèdent les honneurs :  elle obtint la Médaille de l’Académie des lettres du Québec en 1947,  fut élue à l’Académie canadienne-française en 1949, remporta le prix littéraire du Gouverneur général l’année suivante, et fut élue à la Société royale du Canada en 1962. Elle fut aussi récipiendaire de deux doctorats honorifiques des universités Laval et d’Ottawa. Les dernières années de sa vie ont été marquées par une surdité qui lui imposa un certain isolement.

 

Une écrivaine remarquable

Son « Survenant » a tellement été marquant pour plusieurs générations de lecteurs et de téléspectateurs qu’il fut scénarisé pour deux films : l’un en 1957 par le réalisateur Denys Gagnon, puis par Érik Canuel en 2005.  Le fameux Chenail du Moine est devenu un lieu mythique dans l’identité québécoise.  

Mais au-delà de ces deux œuvres que sont le « Survenant » et « Marie-Didace », Germaine Guévremont avait rédigé précédemment trois autres romans sous la forme de feuilletons dans la revue « Paysana », et quantité de chroniques et ce, jusqu’en 1967, l’année précédant son décès à Terrebonne.  Ces écrits ont célébré le terroir québécois avec ses personnages de cultivateurs travaillant dur sur leurs terres et aux mœurs ancrés dans la religion : certains sont toutefois admiratifs vis-à-vis de l’étranger qui raconte les péripéties de ses nombreux voyages, alors que d’autres s’en méfient.  Germaine Guèvremont a su décrire avec forces détails les états d’âme de ses personnages habités par une ruralité bénie par le clergé.

La célèbre romancière, Gabrielle Roy et correspondante de Germaine Guèvremont, prononça son éloge funèbre.

 

Luc Guay, Ph.D
Professeur retraité de l’Université de Sherbrooke

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3e trimestre 2023, Régime canadien