Né à Ville-Marie (Montréal) en 1661, Pierre Le Moyne d’Iberville s’est rendu célèbre comme capitaine de vaisseau, son navire le plus connu étant le Pélican, et comme marchand de fourrures. Ses campagnes militaires contre les Anglais et ses explorations au sud des Grands Lacs lui valurent la reconnaissance du roi de France, Louis XIV. Il devint seigneur de Longueuil et fut le premier Canadien à recevoir la Croix de Saint-Louis en récompense de ses mérites militaires.
- Commerçant de fourrures
D’Iberville se fait d’abord connaître en Nouvelle-France comme commerçant de fourrures. Il agit d’abord dans les Pays-d’en-Haut, à Michilimackinac, puis à la Baie d’Hudson à partir de 1680, région occupée par les Anglais depuis 1670. Soulignons que parmi les fondateurs de la Compagnie de la Baie d’Hudson figuraient Radisson et Des Groseilliers, qui avaient d’ailleurs appuyé les Anglais dans cette entreprise.
C’est au cours de ces expéditions de maraude que d’Iberville acquiert une grande renommée auprès des Canadiens et des Français. Il reprend notamment les postes de traite de la Baie d’Hudson en 1687 et s’enrichit des peaux de castor entreposées dans divers établissements. Le roi de France lui accorde même le monopole de la traite dans cette région jusqu’en 1697.
- Campagnes militaires
C’est durant la première guerre intercoloniale (1688-1697) que d’Iberville démontre pleinement son talent militaire. Ce conflit opposait Français et Anglais dans la lutte pour le contrôle des pêcheries du golfe du Saint-Laurent et de l’Atlantique Nord, ainsi que des fourrures des Grands Lacs et de la Baie d’Hudson. D’Iberville y prend part à partir de 1692.
Il s’empare alors de postes situés en Acadie, à Terre-Neuve et à la Baie d’Hudson, reprenant aux Anglais plusieurs territoires que les Français avaient contribué à développer. Toutefois, le traité de Ryswick, signé en 1697, met fin au conflit et oblige les Français à restituer aux Anglais les territoires conquis par d’Iberville.
- Fondateur de la Louisiane
Le ministre de la Marine, Colbert, lui demande ensuite d’organiser une expédition afin de découvrir l’embouchure du Mississippi et d’y établir des relations avec les Autochtones. Il quitte Brest en 1698, fait escale à Saint-Domingue, récemment cédée aux Français par les Espagnols à la suite du traité de Ryswick, puis repart à bord de petites embarcations à la recherche du grand fleuve. Il en découvre l’embouchure en 1699 et fonde alors une première colonie à Biloxi. À plusieurs reprises, il conseille au roi de faire de la Louisiane une colonie importante afin de freiner l’expansion anglaise dans la région.
- Une deuxième guerre intercoloniale
De 1701 à 1714, une seconde guerre intercoloniale oppose de nouveau Français et Anglais, en Europe comme en Amérique. Le roi confie alors à d’Iberville le commandement d’une troupe de 2 000 soldats. Il mène avec succès des attaques contre des postes anglais aux Antilles en 1705 et 1706.
Il meurt à La Havane en 1706, des suites d’une forte fièvre. Quelques années après son décès, une enquête royale le condamne pour malversations et contrebandes commises durant ses expéditions, ce qui ternit lourdement sa réputation.
Luc Guay, Ph.D.
Professeur retraité de l’Université de Sherbrooke
