Naissance de Jean Drapeau – 1916

Jean Drapeau 1916

Jean Drapeau est né à Montréal le 18 février 1916.  Il sera élu maire de Montréal à 8 reprises dont sept fois consécutives de 1960 à 1982,  pour un total de 29 ans.  Certes sa longévité politique est remarquable mais c’est d’abord par ses nombreuses réalisations et son style politique qu’il marquera l’histoire non seulement de Montréal mais aussi du Québec. Pour bien comprendre l’œuvre de Jean Drapeau il est nécessaire de considérer le contexte historique dans lequel s’inscrit son engagement politique et ses réalisations. 

Le début de l’engagement politique de Jean Drapeau est marqué par son implication dans le Bloc populaire canadien et son opposition à la conscription adoptée par le gouvernement de Mackenzie King.  Inspiré par les écrits du chanoine Lionel Groulx il développera un discours nationaliste dénonçant l’engagement militaire canadien pour défendre la Grande-Bretagne.

Le deuxième combat dans lequel il s’engagera sera son opposition aux politiques de Maurice Duplessis notamment au moment de la grève d’Asbestos en 1949. Il sera l’avocat du chef syndical René Rocque.  Avant de se lancer en politique municipale, il sera recruté en 1950 par Pacifique Plante pour participer à une enquête sur les problématiques de la moralité publique à Montréal : réseaux de la pègre, corruption, tripots, prostitution etc. Cette participation à la commission d’enquête le fera connaître de la population de Montréal.

Jean Drapeau sera élu pour la première fois maire de Montréal en 1954.  Son premier mandat ne sera pas à la hauteur de ses ambitions.  Maurice Duplessis s’opposera indirectement au nouveau maire en appuyant un schéma d’aménagement de la ville, le plan Dozois, qui ne correspondait pas aux priorités du maire.  Battu en 1957 il sera réélu en 1960. 

Fondateur du Parti civique de Montréal, il démocratisera la vie politique municipale en réduisant le nombre de conseillers (99 à 66) en abolissant notamment les 33 conseillers nommés par des organismes privés. 

Il contribuera à construire des infrastructures modernes et à développer des projets d’envergure tant dans le domaine des arts que de la culture. Parmi ses réalisations importantes nommons la construction du boulevard Métropolitain, le boulevard Décarie et surtout le métro de Montréal inauguré en octobre 1966.  Il sera directement impliqué dans le projet de la Place des arts dont il approuvera les plans.  Au niveau culturel il a été l’un des principaux artisans de l’obtention de l’Exposition universelle de 1967.  Un projet grandiose qui impliquera les gouvernements fédéral, provincial et bien entendu la Ville de Montréal. Cette exposition ouvrira les Québécois à la diversité du monde en les initiant notamment aux particularités culinaires, culturelles et politiques de plusieurs régions de la planète. En même temps, une bonne part des 50 millions de visiteurs découvriront un Montréal moderne et vivants.  Pour plusieurs, Jean Drapeau via l’Expo 67 a mis Montréal sur la carte du monde.

Dans le domaine du sport, mentionnons que le maire s’est directement impliqué pour la venue dans sa ville du club de baseball des Expo de Montréal en 1969. Il sera aussi le plus important promoteur de la tenue des jeux olympiques d’été de 1976.  Si les jeux ont été un succès indéniable en revanche, les structures sportives dont le stade olympique et le vélodrome ont connu des dépassements de coûts exorbitants, soit plus d’un milliard de dollars. Un rapport d’enquête du juge Malouf sur le dépassement des coûts estimera que Jean Drapeau et l’architecte du stade olympique Roger Taillibert ont fait preuve d’une « incroyable incurie ». 

Les critiques concernant la gestion municipale sous Jean Drapeau ont été importantes à partir du milieu des années 70.  Souvent décrit comme mégalomane, autoritaire et idéaliste le principal parti d’opposition à Montréal le Rassemblement des citoyen de Montréal n’a néanmoins jamais été en mesure de batte monsieur le Maire.  Malade, il se retirera de la politique en juin 1986.

Pierre Binette, Ph.D
Professeur retraité de l’Université de Sherbrooke

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1er trimestre 2026, Régime canadien