Jean Béliveau dit le « Gros Bill » a été l’un des plus illustres joueurs de hockey de la Ligue nationale. Idole des Québécois, ce joueur des Canadiens de Montréal a pris sa retraite le 8 juin 1971 après avoir gagné pas moins de 10 Coupes Stanley. Il a joué 18 saisons avec les Canadiens inscrivant 507 buts et 1219 points en 1125 matchs. Il a été le quatrième joueur de la ligue nationale à inscrire plus de 500 buts après Maurice Richard, Gordie Howe et Bobby Hull. Il fut admis au Temple de la renommée du hockey en 1972. Son célèbre chandail numéro 4 que chaque petit Québécois voulait endosser a été retiré dès 1971. Pourtant, il l’avait offert à la toute nouvelle recrue du Canadien Guy Lafleur qui a refusé l’honneur jugeant que cela lui aurait mis trop de pression.
Début de carrière
Jean Béliveau voit le jour à Trois-Rivières le 31 août 1931. À l’âge de six ans sa famille déménage à Victoriaville. Il débutera sa carrière junior avec les Tigres de Victoriaville en 1947. Lorsque l’équipe est démantelée (1949) il poursuivra sa carrière junior avec les Citadelles de Québec. Son grand talent et ses performances électrisantes retiennent l’attention du Directeur générale du Canadien Frank Selke qui essaiera de faire signer un contrat au jeune prodige qui refuse les conditions salariales. Il jouera ensuite pour les As de Québec dans la ligue de hockey sénior du Québec, touchant un salaire de 10,000$ par année soit 3000$ de plus que le salaire moyen dans la ligue nationale. C’est en octobre 1953 qu’il signe son premier contrat avec le Canadien, un contrat de 5 ans évalué à 100,000$.
Un gentlemen
Jean Béliveau sera élu par ses pairs capitaine du Canadien le 11 octobre 1961. Il sera nommé sur 10 équipes étoiles de la LNH. Outre les 10 coupes Stanley, le « Gros Bill » a aussi gagné les trophées Art -Ross (1955-56, plus de buts et de passes en une saison dans la LNH), Hart (1955-56 et 1963-64, joueur le plus utile à son club) et Conn Smythe (1964-65 joueur le plus utile à son équipe durant les séries de la coupe Stanley). Jean Béliveau a non seulement été un joueur dominant mais en plus il sera considéré par ses coéquipiers et même ses adversaires comme un gentleman. Maurice Richard affirmera : « Il est génial. C’est le meilleur tireur que je n’ai jamais vu … et, en outre, c’est une bonne personne »
La retraite
Dès le lendemain de sa retraite le Canadien annonce que son joueur étoile occupera le poste de vice-président sénior aux affaires sociales où il s’occupera des relations publiques. Jean Béliveau recevra plusieurs honneurs dont ceux de Compagnon de l’Ordre du Canada (1998), Grand officier de l’Ordre national du Québec (2010) et Commandeur de l’Ordre de Montréal (2016). En 2001, Postes Canada émet un timbre à son effigie et une statue est érigée en son honneur à la Place Jean Béliveau à Québec et une autre à la place du Centenaire des Canadiens de Montréal face au Centre Bell.
Jean Béliveau refusera deux postes importants soit celui proposé par Brian Mulroney en 1993 pour devenir sénateur et en 1994 celui de Gouverneur général du Canada offert par Jean Chrétien. Le motif de ses refus : s’occuper à temps plein de sa fille et de ses deux petites- filles qui ont perdu leur père qui s’est suicidé en 1986. En 2005, il organisera une vente aux enchères de plusieurs de ses objets significatifs de sa longue carrière. Cette vente rapportera plus de 1 million $.
Jean Béliveau décèdera le 4 décembre 2014. Il aura droit à des funérailles nationales. Sept premiers ministres ou anciens premiers ministres du Canada et du Québec assistent aux funérailles. Six anciens joueurs du Canadien portent le cercueil dont Guy Lafleur et Serge Savard.
Pierre Binette, Ph.D
Professeur retraité de l’Université de Sherbrooke
