Bernard Landry est assermenté Premier ministre du Québec – 2001

Bernard Landry
  1. Origine et études

Bernard Landry est né le 9 mars 1937 à Saint-Jacques de Montcalm dans Lanaudière.  Il étudiera en droit à l’Université de Montréal. Il aura comme professeur Pierre Elliot Trudeau. Impliqué depuis des années dans les associations étudiantes il est élu président de l’Association générale des étudiants de l’Université de Montréal. Sous sa présidence l’AGEUM défendra l’idée que le recteur de l’Université soit laïc et demandera au gouvernement l’instauration d’un régime de prêts et bourses pour les étudiants universitaires.

En 1965, après avoir travaillé au cabinet de René Lévesque alors ministre libéral sous le gouvernement Lesage, Bernard Landry s’inscrit à l’Institut d’études politique de Paris. Il étudiera dans le domaine de l’économie, des finances et de l’administration publique.  Ces études seront capitales pour Bernard Landry qui éventuellement occupera des postes ministériels sous plusieurs premiers ministres dans les gouvernements du Parti Québécois liés à ces champs de spécialisation.  Il sera notamment  Ministre du revenu, Ministre des finances et   Ministre de l’industrie et du commerce.

  1. Bernard Landry un indépendantiste partisan du libre-échange.

Les études de Bernard Landry en Europe lui permettront de concilier indépendance, ouverture sur le monde et intégration économique. En effet, le futur premier ministre sera captivé par la construction de la communauté européenne.  Il estimera que ce modèle d’organisation d’États souverains capables de s’unir pour accroître leur capacité économique constitue un exemple d’organisation pour les relations futures entre un Québec souverain le Canada et les autres États d’Amérique.  Monsieur Landry était un partisan du libre-échange dans le respect des spécificités nationales. 

  1. Carrière politique

C’est en 1969 que Bernard Landry se joint au Parti québécois. Après deux défaites dans sa circonscription d’origine, Joliette-Montcalm, il se fera élire en 1976 dans la circonscription de Fabre. Il sera donc membre du premier gouvernement Lévesque. Il occupera le poste de ministre d’État au Développement économique.  Il sera aussi responsable des relations avec les communautés culturelles pour y faire notamment la promotion de la souveraineté. Il sera particulièrement proche de la communauté juive de Montréal.

Déçu de la défaite référendaire de 1980 il poursuivra néanmoins sa promotion de la souveraineté convaincu que c’est la seule issue possible pour sauver les spécificités de la nation québécoise.  Le Parti québécois conserve le pouvoir aux élections d’avril 1981.  Monsieur Landry occupera le poste de ministre des Relations internationales et du commerce extérieur.  Il occupera des poste de ministre sous quatre premiers ministres rattachés au Parti québécois à savoir René Lévesque, Pierre-Marc Johnson, Jacques Parizeau et Lucien Bouchard. Il sera aussi vice-premier ministre sous les directions de Jacques Parizeau et Lucien Bouchard.

Après la défaite référendaire de 1995 il se ralliera à Lucien Bouchard.  Il lui succèdera comme Premier ministre en mars 2001. L’une des réalisations dont il était le plus fier sera la signature de la Paix des Braves avec le chef de la nation crie Ted Moses.  Cet accord octroyait une véritable autonomie à la nation crie dans sur son territoire principalement au niveau de son développement économique. Cet accord reconnaissait aussi l’intégrité territoriale du Québec ce qui mettait un terme aux menaces de partition du territoire en cas de victoire dans un futur référendum.

  1. La fin de carrière

Battu aux élections de 2003 par le Parti libéral de Jean Charest, Bernard Landry restera chef de l’opposition.  Toutefois, en juin 2005, au Congrès du Parti québécois, il soumet son leadership comme président du parti à un vote de confiance. Malgré un appui de 76,2% des membres votant il démissionne.  

Il reprendra ses activités d’enseignement à l’École de gestion de l’UQAM.  Cet homme réputé de grande culture qui utilisait à bon escient nombre de locutions latines s’éteindra le 6 novembre 2018.

 

 

Pierre  Binette, Ph.D
Professeur retraité de l’Université de Sherbrooke

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1er trimestre 2026, Régime canadien