Décès d’Émilie Gamelin – 1851

Émilie Tavernier-Gamelin est née le 19 février 1800 à Montréal. Elle a cofondé la congrégation des Sœurs de la Providence et a été béatifiée en 2001. Elle meurt le 23 septembre 1851 à Montréal, lors d’une épidémie de choléra, après une vie consacrée aux pauvres, aux malades et aux personnes démunies.

Cadette d’une famille de quinze enfants, elle perd sa mère à l’âge de six ans. Sa tante Marie-Anne Tavernier l’adopte et lui permet d’entreprendre ses études au pensionnat de la congrégation de Notre-Dame à Montréal jusqu’en 1815.

  1. Une vie consacrée aux plus démunies

En 1823, Émilie épouse Jean-Baptiste Gamelin, un entrepreneur montréalais de trente ans son aîné, qui fait le commerce des pommes. Deux de leurs trois fils décèdent entre 1824 et 1827, puis Jean-Baptiste meurt à son tour en 1827, après seulement quatre années de mariage. Leur troisième fils décède en 1828. Ces épreuves familiales la poussent à se consacrer entièrement aux œuvres de charité. Elle effectue des visites à domicile et dans les rues de Montréal pour venir en aide aux plus démunis grâce aux dons qu’elle recueille et aux biens laissés par son époux.

En 1830, elle ouvre un premier refuge pour les femmes âgées et infirmes. Comme les besoins sont importants, elle doit rapidement trouver un bâtiment plus grand, qui prendra le nom d’Asile de Montréal en 1841. L’épidémie de choléra de 1832 provoque alors la mort d’environ 2 500 personnes sur une population d’environ 30 000 habitants à Montréal, laissant de nombreux enfants dans une grande détresse. Émilie tente de leur venir en aide et de les préserver de la misère.

  1. « l’Ange des prisonniers »

Lors des troubles de 1837-1838, son frère est emprisonné à la prison Au-Pied-du-Courant pour ses activités patriotes. Fidèle à son courage et sensible au sort des prisonniers politiques, Émilie entreprend une série de visites, alors qu’elles ne sont pas autorisées. Elle obtient finalement cette permission parce qu’elle apporte nourriture et couvertures à ces personnes elles aussi démunies. Surnommée « l’Ange des prisonniers », elle devient l’intermédiaire entre les détenus et leurs familles, remettant des lettres, mais aussi du tabac et de l’alcool, afin d’adoucir un peu leurs souffrances.

Après la libération des prisonniers patriotes, elle reprend ses activités auprès des femmes les plus pauvres ou infirmes. En 1843, elle cofonde les Sœurs de la Charité, dont elle devient la supérieure.

  1. La gestion de ses œuvres

La congrégation qu’elle vient de fonder doit élargir ses missions : ainsi, en 1844, elle accueille des orphelines et des femmes âgées; en 1845, elle ouvre un hospice pour les prêtres âgés ou infirmes. Émilie s’implique directement dans la gestion de ces œuvres et veille à leur développement.

Durant les épidémies de typhus (1846-1847) et de choléra (1849 et 1851), elle s’engage de nouveau auprès des personnes touchées par ces fléaux ainsi qu’auprès des malades mentaux. Elle profite aussi de ces années pour visiter des établissements spécialisés au Québec et aux États-Unis, afin de parfaire ses connaissances et d’améliorer les méthodes d’intervention auprès des plus démunis.

Émilie Gamelin meurt le 23 septembre 1851 à Montréal, emportée par le choléra qui frappe encore une fois la ville. Son œuvre continue de grandir après sa mort : la congrégation s’étend au Québec, aux États-Unis, en Haïti, au Cameroun et en Égypte.

Reconnue pour son courage et sa créativité dans la mise en place d’institutions caritatives, elle est béatifiée par le pape Jean-Paul II le 7 octobre 2001. Émilie Gamelin demeure une figure marquante de l’action sociale au Québec, montrant qu’il est possible de servir les plus démunis avec dévouement et compassion.

Rappelons enfin que, lors des manifestations étudiantes de 2012, les rassemblements avaient lieu à la Place Émilie-Gamelin, à Montréal, ce qui constituait un clin d’œil symbolique pour plusieurs personnes qui se jugeaient défavorisées par le système d’éducation.

 

Luc Guay, Ph.D
Professeur retraité de l’Université de Sherbrooke

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1er trimestre 2026, Régime canadien